Rencontre avec Vincent Villeminot

Ce vendredi 29 avril, une dizaine d’élèves de TBIT accompagnés de leur professeur Mme Pires-Renck (Lettres-Histoire), ont eu le plaisir de rencontrer l’auteur Vincent Villeminot. Cet échange a eu lieu au CDI du lycée Lazare de Schwendi (Ingersheim), dont une classe participe également au Prix Littéraire des Lycées Professionnels du Haut-Rhin. Le roman U4 : Stéphane étant l’un des quatre finalistes de ce prix, les élèves avaient de nombreuses questions à poser. L’auteur a commencé par expliquer la difficulté d’écrire « à 4 mains », chaque volume de l’histoire étant rédigé par un écrivain différent, et du point de vue d’un autre protagoniste, d’après une trame commune. Pourquoi ce titre ? Pour la symbolique You Four, le « U » pour Utrecht (ville de départ du virus qui décime les humains), et référence inconsciente selon V.Villeminot à l’album « War » du groupe U2 (ainsi que l’image de couverture des romans, des gros plans de visage).

L’auteur nous a ensuite parlé de Stéphane, cette jeune fille aux cheveux gris, qui déconcerte par son apparente force de caractère, alors qu’en réalité elle est plutôt fragile et recherche souvent une aide extérieure. On ne la cerne qu’en lisant le volume éponyme, les 3 autres en donnent une idée préconçue qui se révèle fausse. Il nous révèle également un secret d’écriture : en partant d’un gros mensonge (aucun virus ne touchera jamais plus de 60% de la population, alors que la quasi-totalité des humains est éradiquée dans U4), on fait peu à peu entrer le monde réel dans la fiction, en se documentant de façon rigoureuse sur les différents thèmes abordés dans le roman. Coïncidence troublante : la crise migratoire et sa conséquence directe, les camps de réfugiés, sont survenus quelque temps après la parution d’U4, alors qu’ils y sont précisément décrits. Notre auteur aurait-il le don de prémonition ?

A la question d’une éventuelle suite, V.Villeminot répond que c’est peu probable, mais qu’un spin-off autour de certains personnages secondaires est envisagé, sous forme de nouvelles. L’auteur nous explique ensuite sa passion pour l’écriture, dont il a fait son métier exclusif il y a 12 ans, produisant une quarantaine d’albums jeunesse, environ 20 « petits » romans pour jeunes lecteurs et une quinzaine d’œuvres plus consistantes destinées aux ados/jeunes adultes. Il avoue travailler jusqu’à 18H par jour en fin de roman, sollicitant ses enfants en tant que premiers lecteurs ; grâce à eux, la cohésion des actes et des paroles avec le vécu d’un jeune du XXIè siècle est assurée. A quand la retraite ? demande un des élèves. Question un peu prématurée, l’écrivain n’ayant qu’une quarantaine d’années ! Il lui reste de nombreuses histoires à imaginer, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs. Ceux-ci se sont d’ailleurs pressés autour de lui à la fin de la rencontre pour obtenir une dédicace et encore quelques instants d’échange privilégié avec un auteur qu’ils ont assurément beaucoup apprécié.

L'Alsace du 3 mai 2016